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Cancer de la prostate


Foire aux questions sur le cancer de la prostate, incluant la définition du cancer de la prostate, les symptômes, les mesures de prévention et les causes.

Cancer de la prostate

Qu’est-ce que le cancer de la prostate?

La prostate est une glande qui fait partie du système urinaire et reproducteur de l’homme. Elle est située tout juste sous la vessie. La prostate fabrique et libère des liquides qui procurent des nutriments et des agents de lubrification pour le sperme. Ces liquides proviennent de cellules qui garnissent les glandes et les conduits de la prostate et chacune de ces cellules peut devenir cancéreuse. Les femmes n’ont pas de prostate. 

Lorsqu’une cellule devient cancéreuse, elle perd le processus de contrôle normal dont dispose chaque cellule de base du corps. Une cellule se met à croître plus rapidement et devient plus agressive. Une telle cellule qui croît rapidement tout en devenant agressive peut se frayer un chemin à l’extérieur des glandes pour pénétrer dans les tissus de soutien de la prostate où elle poursuit sa croissance. Elle peut se transformer en petites masses qui grossissent avec le temps. Ces masses plus grosses peuvent devenir dangereuses alors qu’elles atteignent d’autres parties du corps. C’est alors que la situation devient menaçante. Il est cependant possible de guérir le cancer de la prostate s’il est détecté alors que l’on ne trouve que quelques petits regroupements de cellules.

La gravité du cancer de la prostate dépend de nombreux facteurs. Ce cancer peut varier de bénin à très agressif, et représenter une menace pour la vie de celui qui en souffre. L’âge moyen d’un diagnostic du cancer de la prostate est de 65 ans. Cependant, les hommes dans la trentaine ou ceux qui ont entre 80 et 90 ans peuvent également recevoir un tel diagnostic.

Qu’est-ce qui cause le cancer de la prostate?

Dans 5 % à 10 % des cas, le cancer de la prostate peut être génétique ou héréditaire. Par exemple, les hommes noirs et ceux qui présentent des antécédents familiaux courent un risque plus élevé de contracter un cancer de la prostate.  Tous les autres cas de cancer de la prostate sont sporadiques et probablement attribuables à une exposition à la testostérone, à des facteurs environnementaux, à l’alimentation ou à la race. 

On qualifie le cancer de la prostate de tueur silencieux, parce que la prostate se trouve loin à l’intérieur du bassin, sous la vessie, où le cancer peut croître en silence pendant des mois, voire des années. Il peut entraîner à un moment donné une difficulté d’uriner ou la présence de sang dans l’urine. Ce sont là cependant des signes d’un état avancé de la maladie. S’il se propage à l’extérieur de la prostate, il peut devenir douloureux, par exemple, s’il attaque un os.

Le cancer de la prostate peut être héréditaire, en particulier dans les familles qui présentent des mutations germinales, par exemple les gènes BRCA1 et BRCA2, ainsi que d’autres mutations génétiques ou syndromes héréditaires. 

Il y a un certain temps, on croyait qu’une vasectomie pouvait augmenter le risque de cancer de la prostate. Cependant, des études subséquentes ont permis de réfuter cette croyance. Nous savons aujourd’hui qu’il est très peu probable qu’une vasectomie augmente le risque de cancer de la prostate, 

La consommation de quantités excessives de viande rouge a été associée à une augmentation du risque de contracter le cancer de la prostate. 

L’alcool présente un lien de causalité avec plusieurs cancers. Cependant, le cancer de la prostate n’en fait pas partie. Il a été démontré que les boissons très alcoolisées peuvent accroître le risque de cancer de la prostate, mais en général, une consommation d’alcool de légère à modérée peut protéger votre prostate et votre cœur. 

L’utilisation d’un vélo peut entraîner une pression au niveau de la prostate et augmenter légèrement le résultat d’un dépistage de l’antigène prostatique. Il n’existe cependant aucune preuve que faire du vélo cause des dommages à la prostate ou que cela entraîne le cancer de la prostate.

Oui, il existe des preuves que les fumeurs invétérés courent un risque accru de contracter le cancer de la prostate, ainsi que d’autres cancers.

Le stress peut compromettre le système immunitaire d’un individu et entraîner plusieurs problèmes physiques, incluant des cancers. On ne considère cependant pas qu’il représente un facteur de risque élevé pour le cancer de la prostate.

De quelle façon peut-on prévenir le cancer de la prostate?

Adoptez une alimentation plus saine

Des mesures diététiques peuvent être prises pour aider à prévenir le cancer de la prostate, par exemple, en réduisant la quantité de gras saturés dans votre alimentation, en consommant davantage de légumes-feuilles verts, en privilégiant les tomates, les produits contenant des protéines de soja, les légumes crucifères, le thé vert ou la grenade, le café, le chocolat noir, le vin rouge et la bière. Les multivitamines peuvent également aider. 

Faites de l’activité

L’activité physique impliquant des exercices modérés peut contribuer grandement à réduire les taux de croissance et de récidive du cancer.

Une étude intéressante démontre que plus un homme éjacule, moins il est probable qu’il contracte un stade avancé de cancer de la prostate. Il ne s’agit là que d’une seule étude dont le résultat n’a pas été confirmé. Cependant, il est important qu’un homme éjacule au moins de deux à trois fois par semaine durant sa période de grande virilité alors qu’il est jeune. Plus un homme avance en âge, moins il est capable d’avoir des orgasmes.

Foire aux questions

La gravité du cancer de la prostate dépend d’un certain nombre de facteurs. Le niveau de gravité du cancer de la prostate peut varier de presque bénin à très agressif et menacer la vie de celui qui l’a contracté

Le cancer de la prostate prend naissance à l’intérieur de la prostate. S’il est de type agressif, il peut se propager à l’extérieur de cette glande vers les vaisseaux lymphatiques ou dans le flux sanguin pour s’attaquer ainsi aux os et à d’autres organes. Lorsqu’il se propage et forme des métastases, il peut être mortel.  

Le cancer de la prostate se développe en raison de l’exposition toute la vie durant à la testostérone, qui provient des testicules de l’homme. De plus, des facteurs environnementaux et génétiques peuvent entraîner à l’intérieur des cellules une mutation qui devient cancéreuse et qui est alors alimentée par la testostérone.

La réponse varie selon l’organisation de santé ou d’un organisme à l’autre, mais on recommande en moyenne de se soumettre à un dépistage vers l’âge de 50 ans. Si un homme présente des facteurs de risque accru, comme des antécédents familiaux évidents, s’il est Afro-américain ou s’il consomme une quantité impressionnante de viande rouge, il devrait se faire dépister vers la mi-quarantaine. Des preuves démontrent que l’antigène prostatique spécifique (APS) est très peu présent vers la mi-quarantaine, de sorte que l’on n’a pas besoin de le mesurer de nouveau avant bien des années. Cependant, si le niveau d’APS est élevé, on devrait se soumettre à un dépistage plus minutieux au cours des années suivantes. 

Si le niveau d’APS de référence ou le premier dosage d’APS est inférieur à 1 chez un homme dans la quarantaine ou la cinquantaine, si un examen rectal ne révèle aucune anomalie et s’il ne présente aucun facteur de risque, il est alors possible de mesurer le niveau d’APS tous les deux ou trois ans. Si une des situations énoncées ci-dessus survient, le dépistage devrait avoir lieu tous les ans. 

Un diagnostic de cancer de la prostate est en moyenne posé à l’âge de 65 ans, mais il peut également l’être chez les hommes dans la trentaine ou ceux qui ont entre 80 et 90 ans.  

La majorité des cancers de la prostate sont curables. Ce type de cancer devient incurable uniquement s’il s’est propagé à d’autres parties du corps. Mais grâce aux traitements modernes, les hommes peuvent continuer de vivre plusieurs années malgré un stade avancé du cancer de la prostate. 

Avant que le cancer ne soit traité, la puissance d’un homme et sa capacité d’éjaculer ne sont aucunement diminuées. Cependant, si le cancer est devenu très invasif à l’intérieur de la prostate et s’il y a eu une chirurgie ou une radiothérapie, la fonction sexuelle peut devenir un problème. Un homme peut perdre sa capacité d’atteindre une érection et d’éjaculer. Cependant, tel n’est pas toujours le cas.  

La chirurgie et la radiothérapie n’ont aucun impact sur la libido, sur le désir sexuel ou sur la capacité d’aimer sa partenaire. L’hormonothérapie atténue cependant la libido et le désir sexuel, en plus d’entraîner des problèmes d’érection.

Symptômes 

Le cancer de la prostate aux premiers stades ne s’accompagne d’aucun symptôme. C’est la raison pour laquelle il est important de faire vérifier votre prostate et d’encourager les membres de la famille et les amis à en faire autant. Lorsqu’il est diagnostiqué à un stade précoce, le cancer de la prostate se guérit très facilement. 

Plus tard, aux stades très avancés ou lorsqu’il s’est propagé à d’autres parties du corps, le cancer de la prostate peut entraîner différents symptômes.

  • Difficulté au moment d’uriner
  • Besoin urgent d’uriner
  • Besoin fréquent d’uriner, en particulier la nuit
  • Brûlure ou douleur au moment d’uriner
  • Incapacité d’uriner ou difficulté à commencer à uriner ou à interrompre le flux urinaire
  • Présence de sang dans l’urine ou dans le sperme

Les symptômes dans la prostate elle-même sont rares. Lorsque le cancer commence à s’étendre à l’extérieur de la prostate, par exemple, dans les os ou dans d’autres organes, il peut être douloureux.  

Si vous souffrez du cancer de la prostate, s’accompagnera-t-il des symptômes suivants : 

  • Douleur aux hanches 
  • Maux de tête – Aux stades avancés de la maladie
  • Présence de sang dans les selles – Uniquement après une biopsie
  • Impuissance – Après une opération ou une radiothérapie
  • Douleurs au moment d’uriner – Uniquement si le cancer s’est propagé et s’il a envahi le canal urinaire ou s’il provoque un blocage qui pourrait donner lieu à une infection du tractus urinaire, ce qui est douloureux. 
  • Fatigue – Le traitement contre le cancer de la prostate peut entraîner de la fatigue.
  • Perte de poids – Lorsque le cancer atteint un stade avancé et qu’il se propage à d’autres parties du corps, il peut entraîner une perte de poids. 
  • Douleur dans le bas du dos – Si le cancer s’est propagé à la colonne vertébrale, il peut provoquer de la douleur.
  • Douleur dans les épaules – Uniquement si le cancer s’est propagé dans les os des épaules.
  • Pieds enflés – Le cancer de la prostate peut entraîner une enflure des jambes si les vaisseaux lymphatiques à l’intérieur du bassin sont bouchés. Si le cancer se développe à l’intérieur des vaisseaux lymphatiques, ceux-ci se bouchent, entraînant ainsi une enflure des membres inférieurs.
  • Diarrhée 
  • Démangeaisons 
  • Évanouissement 
  • Pression artérielle élevée 
  • Douleur à l’aine – Rarement
  • Douleur aux testicules – Rarement

Diagnostic

La clé réside dans une analyse sanguine, le test de l’antigène prostatique spécifique (APS), combinée à des antécédents favorables et un toucher rectal. Le test de l’APS est une simple analyse sanguine qui détecte les quantités excessives de protéines fabriquées par la prostate et libérées dans le flux sanguin. Ce phénomène peut accompagner n’importe quelle maladie de la prostate, incluant une croissance, une infection ou un cancer bénins. Le diagnostic définitif repose sur une biopsie qui consiste à prélever des échantillons de la prostate au moyen d’une aiguille spéciale pour ensuite les examiner au microscope. 

Lorsque le niveau d’APS est élevé, on doit procéder à un examen de la prostate par toucher rectal. En fonction des résultats du toucher rectal, d’autres examens peuvent être nécessaires.

En cas de cancer de la prostate, un tomodensitogramme permet d’examiner les ganglions lymphatiques en version agrandie ou même les changements dans les os.

Il est possible de détecter tôt le cancer de la prostate en se soumettant à une analyse sanguine appelée test de l’antigène prostatique spécifique ou APS. 

Les preuves démontrent qu’une détection précoce permet de sauver des vies. Elle réduit également la gravité de la maladie, puisqu’il est alors possible de mieux cibler les traitements, incluant la surveillance active. 

L’abréviation APS signifie antigène prostatique spécifique et non pas antigène spécifique du cancer de la prostate. Pour cette raison, on doit tenir compte de cette valeur en plus d’autres variables, comme la taille et la sensation que procure la prostate, l’âge de l’homme et d’autres facteurs de risque. Des valeurs d’APS très élevées, supérieures à 20, par exemple, représentent un signe accru de cancer de la prostate. 

L’échelle de Gleason, aussi appelée cote de Gleason, repose sur l’aspect des cellules cancéreuses et sur leur mode de croissance. Lorsqu’un pathologiste examine un échantillon de cellules cancéreuses au microscope, il évalue leur aspect et identifie les deux grades les plus courants.Il additionne ensuite les deux grades pour obtenir la cote de Gleason Par exemple, le grade 3 plus le grade 4 donne la cote de Gleason 7. Plus la cote est élevée, plus le cancer aura un comportement agressif et plus il deviendra possible de prédire le résultat avec précision. 

Rien ne démontre qu’une biopsie de la prostate puisse causer le cancer ou favoriser sa propagation.

Il est impossible de vérifier soi-même si on a contracté un cancer de la prostate, mais il est primordial de connaître ses antécédents familiaux. Si possible, pensez à demander à votre père et à votre grand-père de leur vivant si un membre masculin de la famille a eu des problèmes de prostate.

Traitement

Lorsque le cancer est dépisté tôt, s’il présente une cote de Gleason très faible et un risque faible, voire très faible, il est possible de le surveiller sans le traiter, simplement en modifiant son alimentation et son mode de vie. 

Le retrait chirurgical de la prostate et la radiothérapie sont des traitements fréquents pour traiter les cancers plus agressifs qui évoluent dans la prostate. La prostatectomie robotique est un type de chirurgie qui est en train de devenir plus fréquent, parce qu’il est très peu envahissant. 

Si le cancer s’est propagé au-delà de la prostate, l’hormonothérapie peut être recommandée. L’hormonothérapie fait appel à un médicament spécial pour empêcher les testicules de fabriquer de la testostérone et elle est très efficace. La radiothérapie agit en modifiant l’ADN à l’intérieur des cellules alors qu’elles se divisent, entraînant ainsi leur mort.

Si on détecte le cancer de la prostate à un stade très précoce alors qu’il se limite encore à la prostate, il est possible de le guérir dans la majorité des cas. 

Comment composer avec le cancer de la prostate

Il peut être très difficile de composer avec le cancer de la prostate, en fonction de sa gravité et des circonstances. Pour en apprendre davantage et pour connaître les ressources qui vous aideront à composer avec le cancer de la prostate, visitez le site de la Société canadienne du cancer

Comment aider un homme atteint du cancer de la prostate

Peu importe le type de cancer, il peut être très difficile de composer avec cette maladie sur les plans émotionnel et physique. Il est possible d’aider un homme à faire face à la maladie en étant présent à ses côtés, en l’aidant à parler des défis qu’il doit surmonter et à se rendre à ses rendez-vous, en l’encourageant à faire de l’exercice et à modifier son alimentation. 

Révisé médicalement par

Dr Goldenberg

Dr. Larry Golderberg, CM, OBC, MD, FRCSC, FACS, MACSS

Le Dr Goldenberg est un chirurgien urologue et un chercheur clinique qui possède une réputation internationale d’excellence dans le domaine de la recherche et du traitement du cancer de la prostate.

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