Santé des hommes de A à Z

Le cancer du côlon


Un médecin répond aux questions à propos du cancer du côlon chez les hommes Quels sont les symptômes? Quelles sont les causes? De quelle façon traite-t-on le cancer du côlon?

Le cancer du côlon

Le cancer du côlon prend naissance à l’intérieur des cellules qui recouvrent l’intérieur du côlon. Le cancer colorectal, qui touche le côlon et le rectum, est la deuxième cause en importance de décès attribuable au cancer chez les hommes. Il représente environ 11 % de tous les cancers diagnostiqués au Canada. Près d’un homme sur 14 sera atteint d’un cancer colorectal. Les nouvelles sont bonnes, car cette proportion est en train de diminuer, probablement grâce à une augmentation du dépistage du cancer colorectal, qui permet de détecter et d’éliminer les polypes précancéreux.

Il existe différents types de cancer du côlon. Les plus répandus sont l’adénocarcinome, alors que le cancer se développe à la surface de la paroi du côlon.

Causes

À l’instar de tous les cancers, celui qui touche le côlon présente plusieurs causes. Les parents au premier degré qui ont souffert du cancer du côlon représentent un des principaux facteurs de risque. L’âge qu’avaient vos parents au moment où ils ont développé un cancer du côlon constitue un facteur important qui aide à déterminer votre niveau de risque, en particulier si ce cancer a fait son apparition avant l’âge de 60 ans.

Les hommes courent davantage de risque que les femmes; près d’un homme sur 14 développera un cancer du côlon pendant sa vie, alors qu’une femme sur 18 en sera atteinte.

D’autres troubles intestinaux, comme la colite ulcéreuse ou la colite de Crohn, peuvent possiblement représenter un risque accru de cancer du côlon.

Prévention

Un mode de vie sain permet de prévenir environ 4 cas de cancer sur 10. Vous pouvez également réduire votre risque de cancer dès maintenant si vous commencez à intégrer à votre mode de vie des changements positifs qui vous permettront de vous sentir mieux et de vivre plus longtemps.

Faites de l’activité

Il est important d’essayer de faire 30 minutes d’activité physique modérée par jour. Si vous êtes assis la majeure partie du temps durant la journée, rappelez-vous de prendre des pauses brèves, mais fréquentes, qui vous permettront de bouger. 

Sortez et faites des activités les jours de grand soleil, ce qui aidera à augmenter votre niveau de vitamine D. La vitamine D est importante, parce qu’elle contribue à créer un système immunitaire sain. Plus votre système immunitaire est en bonne santé, mieux votre corps parviendra à découvrir les cellules anormales auxquelles il peut s’attaquer avant qu’elles ne deviennent possiblement problématiques.

Adoptez une alimentation plus saine

Consommez tous les jours des fruits et des légumes en quantité, parce qu’ils occupent une place importante dans la santé de votre corps. Un régime à teneur élevée en fibres aide à maintenir un poids santé et à garder un système digestif sain.

Réduisez votre consommation d’alcool

La consommation d’alcool augmente votre risque de contracter un cancer du côlon. Si vous prenez environ 3,5 consommations par jour, vous augmentez votre risque de développer un cancer colorectal de 1,5 fois. Moins vous consommez d’alcool, plus vous réduisez votre risque de développer le cancer. Il est conseillé aux hommes de se limiter à 2 consommations ou moins d’alcool par jour.

Arrêtez de fumer

On estime que le tabac est responsable de 30 % des décès dus au cancer au Canada. En tout, 72 % des cas de cancer du poumon sont liés au tabagisme. Il n’est jamais trop tard pour cesser de fumer. Allez-y une journée à la fois et sachez que vous réduisez ainsi votre risque de contracter un cancer.

Diagnostic

La meilleure façon de prévenir le cancer du côlon est de se soumettre à un dépistage. Il existe deux façons de le faire.

Avant que le cancer du côlon ne s’installe, on assiste à l’apparition de polypes (qui sont de petits amas cellulaires) à l’intérieur des intestins. Les polypes non cancéreux ne s’accompagnent d’aucun symptôme et vous ne ressentirez rien si vous en avez. Cependant, après une période passablement longue (au moins cinq ans), les polypes deviennent graduellement cancéreux.

Vous pouvez prévenir le cancer grâce au dépistage, en détectant les polypes et en les éliminant avant qu’ils ne deviennent cancéreux.

On considère qu’une personne qui présente un risque moyen est un homme ou une femme de 50 ans qui ne possède pas d’antécédents familiaux ni aucune autre condition médicale qui augmente le risque de cancer du côlon et aucun symptôme. Dans un tel cas, le test immunochimique fécal convient idéalement pour dépister les polypes et prévenir le cancer.

Chez les personnes plus à risque, c’est-à-dire celles qui présentent des antécédents familiaux, qui souffrent de colite ulcéreuse ou qui ont déjà eu des polypes, une colonoscopie s’impose.

  1. Test immunochimique fécal (TIF). Il s’agit d’un examen des selles qui consiste à détecter la présence de sang microscopique, parce qu’il arrive que les polypes saignent.  Ce TIF est effectué lorsque vous vous sentez bien et ne ressentez aucun symptôme. Un résultat positif au TIF ne signifie pas nécessairement que vous souffrez d’un cancer et ne veut pas nécessairement dire que vous avez des polypes, mais la probabilité d’avoir un polype est plus grande. Si on détecte la présence de sang microscopique lors du TIF, vous devrez subir une colonoscopie.
  1. Colonoscopie. Avant de vous soumettre à une colonoscopie, vous devrez préparer vos intestins en buvant des liquides que votre médecin vous remettra afin d’évacuer vos selles.  Lors de la colonoscopie, votre médecin utilisera un tube muni à son extrémité d’une caméra pour examiner l’intérieur des intestins dans le but de détecter la présence de polypes avant de les éliminer. Cet acte n’est pas particulièrement douloureux. Dans bien des endroits, on administre des sédatifs, mais la plupart des patients s’endorment alors que le médecin procède à l’acte.

Signes et symptômes

Les symptômes qui sont énoncés ci-dessous ne signifient pas tous nécessairement que vous souffrez d’un cancer du côlon, parce qu’ils peuvent être les signes d’autres problèmes. Il est toujours important d’en parler à votre médecin si vous avez certains de ces problèmes de manière continue, parce qu’ils justifient possiblement une évaluation plus poussée des symptômes.

  • Un changement dans votre routine intestinale. Une routine intestinale normale, la plupart du temps, correspond à ce qui est normal pour vous. Cependant, il est normal pour la population en général de connaître de trois mouvements intestinaux par jour à trois mouvements intestinaux par semaine. Si vous présentez habituellement un mouvement intestinal trois fois par jour et que vous en avez maintenant un tous les deux jours, il y a lieu de s’en préoccuper.
  • Un changement dans la forme ou dans l’aspect des selles. Surtout si cela diffère vraiment de ce à quoi le patient est habitué.
  • Sang dans les selles ou autour des selles.
  • Douleur abdominale. Une douleur abdominale peut avoir plusieurs origines; le cancer du côlon en est une.
  • Perte de poids. Si vous n’essayez pas de perdre du poids, une perte de 10 pour cent de votre masse corporelle sur une période de six mois vaut la peine que vous en parliez à votre médecin.

Traitement

Le cancer se manifeste lorsque les cellules se divisent de façon anormale sans un contrôle adéquat. Le cancer du côlon peut se propager à d’autres parties du corps, comme les ganglions lymphatiques, ainsi que le système lymphatique dans cette région. Il peut aussi s’attaquer à d’autres organes, le plus fréquemment au foie. Les patients ne sauront pas nécessairement s’il s’est propagé avant une opération au cours de laquelle les médecins examineront le spécimen au microscope.

  1. Chirurgie. Si le cancer du côlon est détecté suffisamment tôt et s’il ne s’est pas propagé, il est possible de retirer les lésions au cours d’une chirurgie. La chirurgie permet de guérir le cancer du côlon.
  1. Chimiothérapie. Un traitement plus poussé est possible grâce à la chimiothérapie, conçue pour tuer rapidement les cellules qui se divisent afin de les empêcher de croître et de causer des problèmes.
  1. Radiothérapie. Ce traitement fait appel à des rayons à haute énergie (comme des rayons X) ou à des particules pour détruire les cellules cancéreuses. Si l’on souffre d’un cancer dans la partie vraiment inférieure des intestins, c’est-à-dire le rectum, les radiations représentent une option qui aide à gérer le cancer. Il arrive souvent que l’on combine la radiothérapie à la chimiothérapie. 

La chirurgie fait presque toujours partie d’une stratégie de traitement du cancer. La chimiothérapie représente plutôt une stratégie additionnelle qui contribue à empêcher le cancer de revenir ou de causer des problèmes. 

Comment composer avec le cancer du côlon

Il est sans doute très difficile de se retrouver confronté à un tel diagnostic. Pour aider les gens à faire face au diagnostic, il est important de leur venir en aide. Si un patient souffre du cancer du côlon, il sera mis en contact avec un centre spécialisé dans cette maladie, en particulier dans sa province. Il existe également de nombreuses possibilités auprès de nombreux experts qui consacrent leur vie professionnelle à aider les patients à traverser cette période très difficile de leur vie.

Pour composer avec un diagnostic de cancer du côlon, le plus important est de ne pas se replier sur soi-même et d’exprimer ses préoccupations pour avoir accès ainsi aux ressources précieuses qui sont disponibles. 

Foire aux questions

Le cancer du côlon est-il vraiment sérieux?

Le diagnostic d’un cancer, c’est sérieux, peu importe de quel cancer il s’agit.

Le cancer du côlon peut-il vous tuer?

Malheureusement, oui. Chez les non-fumeurs, il s’agit de la principale cause de décès (chez les fumeurs, la principale cause de décès est le cancer du poumon).